Suicide par le feu à France Télécom :
une expertise indépendante exigée
  Le courrier adressé en septembre 2009 à la direction de France Télécom-Orange par Rémy L. le salarié qui s'est immolé mardi matin par le feu sur le site de Mérignac, dans la banlieue bordelaise, aurait «peut être dû être plus pris en compte» : c'est ce qu'a conclu jeudi Laurent Riche, délégué syndical central CFDT dans le groupe de téléphonie.

Dans le document de six pages titré «lettre ouverte à mon employeur et à son actionnaire principal», l'Etat, le salarié évoque une «situation endémique» au sein du groupe et souligne que «le suicide reste comme étant LA SOLUTION !», selon les extraits publiés jeudi par mediapart.fr.

Un responsable syndical évoque un mal-être lié à des changements fréquents de postes. « Cette mobilité imposée lui avait fait vendre sa maison, il avait écrit à plusieurs reprises à sa direction et il n'avait pas eu de réponse, à ma connaissance, comme beaucoup d'autres »,

«Je pense que ce courrier aurait peut être dû plus pris en compte», a estimé Laurent Riche. «D'autres salariés qui se sont donné la mort ces dernières années avaient pour certains aussi des courriers un peu similaires (...) qui avaient pointé la responsabilité de l'entreprise par rapport à leur geste», a-t-il rappelé, soulignant cependant, qu'il est «très difficile de faire un lien direct».

Les syndicats souhaitent que ce suicide soit reconnu comme un accident de travail

Lors de ce CHSCT, les organisations syndicales ont voté à l'unanimité, sans que la direction ne prenne part au vote, que soit conduite une expertise qui sera réalisée par un cabinet externe à l'entreprise, mandaté et choisi par les organisations syndicales. Elles demandent également que ce suicide soit reconnu comme un accident de travail.

Le délégué syndical central CFDT, organisation à laquelle adhérait le défunt, entendait également rencontrer rapidement la famille pour lui expliquer notamment qu'elle peut porter plainte contre X. «Elle peut le faire si elle le souhaite, d'autres familles l'ont fait dans des cas similaires», a rappelé Laurent Riche, rappelant qu'elle permettrait «de regarder l'ensemble des contours professionnels et personnels» de Rémi L.

Le PDG de France Télécom Stéphane Richard a envoyé un message aux 100 000 salariés en France après le drame de Mérignac, les exhortant à la vigilance «dans les tout prochains jours». Il a souligné qu'«un geste aussi fort peut favoriser» des passages à l'acte.

Source : Le Parisien